BMW R 1300 GS, la grande routière a retrouvé son cap

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Trois jours sur l’autoroute italienne, deux cols dans le Mercantour, un retour par les routes secondaires du Verdon. Quatorze cents kilomètres pour comprendre ce que BMW a réellement changé sur sa nouvelle GS.

La R 1300 GS reprend le projet de la précédente sans le trahir : un bicylindre boxer central, des suspensions à grand débattement, une ergonomie pensée pour les longues distances. Tout est là, mais plus précis, plus léger, plus net.

Une moto plus directe

Sur la première étape, ce qui frappe immédiatement c’est la direction. Plus vive, sans devenir nerveuse. Le train avant communique mieux, on engage les courbes avec une assurance que la R 1250 ne procurait pas, surtout en fin de journée quand la fatigue commence à peser.

Le poids descend de douze kilos, et ces douze kilos se sentent partout : au freinage, à l’arrêt, à basse vitesse dans les virages serrés. Bien réparti, en plus, grâce au nouveau cadre tubulaire qui ramène les masses vers le centre de gravité.

Le moteur, toujours

Le bicylindre passe à 1 300 cm³ et 145 chevaux. Sur le papier, six chevaux et trente centimètres cubes de plus. Sur la route, surtout du couple disponible plus tôt, et une zone utile qui s’étire vers le haut sans pour autant pousser à monter dans les tours. Une R 1300 GS, ça se conduit en sixième sur autoroute, en quatrième en col, et on en demande rarement plus.

La boîte est plus douce. Le ralenti aussi. Les vibrations parasites de l’ancienne génération ont disparu, c’était l’un des reproches récurrents, c’est réglé.

L’électronique, enfin lisible

Les modes Eco, Route, Dynamic et Enduro fonctionnent comme avant, mais l’écran TFT a été simplifié. Moins d’informations en permanence, mieux hiérarchisées. On retrouve l’essentiel en un coup d’œil : vitesse, vitesse engagée, mode, autonomie. Le reste se déploie sur demande.

L’ABS au virage est plus fin. Le contrôle de traction interfère moins quand on attaque. Tout cela n’est pas révolutionnaire, mais c’est exactement ce qu’on attend d’une mise à jour : pas de surenchère, juste plus de cohérence.

Le verdict

La R 1300 GS n’est pas la moto qui réinvente le grand voyage. C’est la moto qui ne le trahit jamais. Plus précise, plus légère, mieux finie, sans avoir cédé aux modes. Pour ceux qui ont aimé la 1250, le passage est évident. Pour les autres, c’est probablement la meilleure raison d’y revenir.

Reste un point qui devient un sujet : le prix. Plus de vingt mille euros pour une moto qui sera, statistiquement, immobilisée trois cents jours par an dans la plupart des garages. Le marché du gros trail reste un marché de désir, pas d’usage.